Achats responsables : exigences des établissements de santé

En 2015, 8 établissements de santé sur 10* ont introduit des critères de développement durable dans leur politique d’achat. Quelles sont les exigences économiques, environnementales et sociales intégrées à leur démarche ?

Selon le programme PHARE (Performance Hospitalière pour des Achats Responsables), en 2011, les achats du secteur public hospitalier atteignaient les 18 milliards (dont 60% d’achats médicaux). Il s’agit du 2ème poste de dépenses dans un établissement après la masse salariale.

Un achat responsable, c’est l’achat d’un produit qui, à service rendu identique et sur l’ensemble de son cycle de vie (fabrication, transport, utilisation, fin de vie), aura un impact moindre sur l’environnement et sur la santé. Cela concerne aussi bien les achats de produits et services destinés aux soins que les achats de fournitures ou prestations destinées à la gestion de l’établissement. La démarche d’achats responsables des établissements de santé consiste donc à intégrer des critères économiques, environnementaux et sociaux, en cohérence avec les besoins réels, et en visant une utilisation rationnelle du produit.

Coût global

Un produit éco-conçu est avant tout un produit de qualité. Il coûte bien souvent un peu plus cher à l’achat mais la diminution de la fréquence de renouvellement permet des gains économiques à moyen et long termes. Il en est de même pour les équipements faiblement consommateurs d’énergie. D’éventuels surcoûts à l’achat sont généralement largement compensés par les économies réalisées lors de l’utilisation. C’est la notion de coût global, prenant en compte les coûts d’investissement, de fonctionnement et de fin de vie.

A noter que de plus en plus d’établissements (40%*) intègrent la logique de calcul en coûts complets dans les achats. Autre fait notable, la progression du nombre d’établissements (91%*) engagés dans des groupements d’achats.

Faible impact sur l’environnement

Certification ISO 14001, ISO 26000, éco-conception, matières premières respectueuses de l’environnement, éco-labels, bilan carbone, choix de transporteurs éco-responsables, réduction des émissions de gaz à effet de serre lors du transport des produits, optimisation des emballages, gestion des déchets, etc. autant d’exigences environnementales qui entrent dans le cahier des charges des établissements de santé.

Autre critère, l’impact sanitaire ne doit pas être sous- évalué. En effet, Les établissements de santé sont de plus en plus précautionneux quant à l’emploi de matériaux toxiques ou allergènes ou encore l’impact de certains équipements sur la qualité de l’air intérieur.

Progrès social

Les fournisseurs sont aussi jugés sur les mesures prises en matière sa santé, de sécurité, de bien- être au travail et d’éthique. Certification OHSAS 18001, actions favorisant l’insertion sociale ou encore la lutte contre toute forme de discrimination, charte éthique ou code déontologie peuvent faire la différence.


*Baromètre Santé Durable 2015

Raisonner en coût complet, s’intéresser au cycle de vie d’un produit, à la gestion de l’énergie, au recyclage, etc., constituent ainsi un préalable indispensable vers des achats intelligents. Le dialogue entre professionnels de santé et fournisseurs sur les pratiques de terrain et les usages au quotidien l’est tout autant et met ainsi la consultation des parties prenantes au cœur de la décision d’achat.

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