Industry 4.0 ou comment ne pas devenir l’esclave de la technologie

La digitalisation du travail évolue rapidement. Les pessimistes prédisent que les robots vont prendre nos places. Entretien avec la psychologue du travail Sibylle Bräuer sur les opportunités offertes par le numérique pour être un capitaine d’industrie.

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Face à la digitalisation du travail, est-il facile de se sentir impuissant en tant qu'humain ?

C’est possible. Il y a un tel afflux de nouveaux développements, de nouvelles innovations et expérimentations pour les entreprises et leurs clients en ce moment. L’assistance contrôlée par la voix, la collecte intelligente de données, l’évaluation des données et plus largement la transformation numérique offrent effectivement un excellent potentiel d’optimisation de toutes sortes. Mais pour que les collaborateurs ne se sentent pas incapables face aux machines, robots et autres algorithmes intelligents, il est important qu’ils éprouvent un sentiment d’auto-efficacité sur leur lieu de travail.

Qu’est-ce que l’auto-efficacité signifie exactement ?

L’auto-efficacité consiste à croire que je peux apprendre quelque chose ou mener une certaine tâche. De cette façon, je, en tant que personne, j’ai le sentiment d’avoir une influence ciblée sur des choses spécifiques, par exemple au travail.

L'auto-efficacité est donc un moteur de réussite ?

Oui, exactement. Cette conviction varie en fonction d’une personne à l’autre. Les études ont montré que l’auto-efficacité élevée est en corrélation avec la réussite professionnelle. Si je suis convaincu de ma capacité, j’éprouve plus de confiance en moi, de courage et de joie dans la mise en forme de mon travail. Si les machines, les robots et l’intelligence artificielle viennent à occupent plusieurs de nos tâches, nous, en tant que personne, pouvons et devons effectuer d’autres tâches.

Mais cela fonctionne-t-il facilement ? Une excellente connaissance du numérique n'est-elle pas nécessaire ?

Aujourd’hui, nous parlons de l’alphabétisation numérique. Quelqu’un qui est alphabétisé numériquement peut gérer et communiquer avec différents périphériques tels que les ordinateurs, les tablettes, les smartphones, etc. Les niveaux plus élevés d’alphabétisation numérique représentent la possibilité de modifier des programmes ou même d’écrire des programmes eux-mêmes. Des milliards d’utilisateurs sont déjà actifs numériquement dans leur vie personnelle.

Qu’en est-il pour la digitalisation du travail ?

Là aussi, il existe déjà de nombreux exemples impressionnants de la façon dont le travail et les tâches sont optimisés grâce aux technologies numériques ; pensez aux énormes machines qui enregistrent la température, l’humidité et beaucoup d’autres données lors de la récolte afin de calculer et de mettre en œuvre le traitement idéal des produits récoltés ; les appareils médicaux qui enregistrent des données et fournissent des diagnostics dans un processus ; où comment sont effectuées des opérations compliquées plus précisément que n’importe quel chirurgien.

Cela veut-il dire que nous compterons à l'avenir de plus en plus sur les machines, les robots et les algorithmes ?

Nous ne devrions pas compter sur eux, mais plutôt les utiliser activement. Il existe une grande variété de scénarios et des avis d’experts sur la rapidité avec laquelle la révolution numérique progressera et quelles en seront les conséquences pour nous en tant que personne. Quiconque s’accroche volontiers au monde analogique peut bientôt constater qu’il ne pourra plus longtemps participer à la vie professionnelle ou la vie sociale.

De quoi les dirigeants doivent-ils être conscients ?

Même s’ils semblent tenter de s’accrocher au modèle analogique qu’ils maîtrisent mieux car personne ne sait exactement encore où les changements numériques mènent, il est extrêmement important de faire face aux nouveaux défis numériques. Surtout, les dirigeants devraient encourager et aider leurs salariés à acquérir des compétences numériques. Et, bien sûr, ils doivent s’informer et se former dans ce domaine.

Et si j'ai eu peu de temps ou peu d'occasion de faire cela jusqu'à présent ?

Alors le bon moment est venu. Indépendamment du niveau de connaissance actuel, il est bon que vous puissiez vous impliquer à tout moment. Le monde numérique n’est pas sorcier, après tout. Même si vous ne comprenez pas grand chose pour le moment, vous ne devriez pas être intimidé par des termes, tels que Big Data ou Industry 4.0. Au lieu de cela, vous devriez reconnaître que vous êtes déjà actif sur le plan numérique dans votre vie privée. Sur Internet, il existe de nombreuses possibilités d’améliorer vos compétences par vous-même ; par exemple, à travers divers programmes d’e-learning, des tutoriels ou des BarCamps. L’important n’est pas de se rendre lors de la conquête de ce nouveau terrain, mais de croire que vous pourrez découvrir ce qui vous permettra de progresser.

Quelles connaissances peuvent m'aider pour préparer l’environnement de travail de demain ?

Il ne s’agit pas à proprement parlé de connaissances spécifiques mais plus de votre volonté intérieure d’apprendre de nouvelles choses, de conquérir le terrain du numérique. Par exemple, comme première étape, familiarisez-vous avec les technologies numériques existantes et à venir via les informations et des plates-formes déjà disponibles en ligne. La volonté d’apprendre est la chose la plus importante afin de rester capable d’être activement impliqué et d’utiliser les opportunités numériques disponibles.

En tant que psychologue du travail, Sibylle Bräuer a collaboré, entre autres, pendant de nombreuses avec l’équipe dirgeante de P4 Career Consultants et von Rundstedt. Elle s’intéresse aux changements dans le monde du travail et aux nouvelles exigences en matière d’employabilité.

Source : Job-wizards.com

2 octobre 2017
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