Cartographie du réseau et des flux : outil de défense contre les cyber-attaques

cartographie des flux

Les applications mobiles, les sites web et les réseaux sociaux utilisés au quotidien par les salariés exposent le réseau de l’entreprise aux cyber-attaques. D’autant que ces usages au sein de l’entreprise s’intensifient aussi bien dans leur fréquence que dans leur complexité. L’entreprise doit être en mesure de contrôler ces usages pour ne pas compromettre la sécurité du réseau. Comment ?

En cartographiant son système d’information (SI) à son niveau applicatif pour avoir une meilleure visibilité et ainsi mieux maîtriser ses flux.

Des entreprises de plus en plus ciblées, des collaborateurs encore trop peu sensibilisés aux attaques informatiques

Les cyberattaques se multiplient de façon exponentielle et les entreprises sont plus que jamais vulnérables. En France comme à l’international, on observe une pression croissante sur les défenses numériques : les organisations font face à des attaques toujours plus fréquentes, souvent orchestrées via l’intelligence artificielle, en plus de méthodes traditionnelles (donc exploitation de malwares, phishing, etc.)

Simultanément, le manque de sensibilisation des collaborateurs reste une véritable faiblesse. Et pour cause, l’erreur humaine est encore, aujourd’hui, le principal facteur à l’origine d’incidents de sécurité informatique, qui iront jusqu’à 95% des failles selon IBM.

Dans ce contexte, pouvoir s’appuyer sur une cartographie des flux réseau claire et fiable devient un prérequis pour renforcer sa posture de sécurité.

Cartographier son réseau une mesure indispensable pour se défendre des cyber-attaques

Pourquoi cartographier les flux réseau ?

La cartographie sert à visualiser l’ensemble des connexions et échanges de données au sein de l’infrastructure informatique : entre serveurs, postes de travail, applications, et vers l’extérieur (internet, cloud, partenaires)

La cartographie d’un réseau concerne aussi bien son niveau physique que son niveau applicatif. Le but de la cartographie du réseau informatique est d’avoir le plus de renseignements possibles sur le réseau pour avoir une connaissance en profondeur des différents composants, des informations transmises ainsi que des vulnérabilités correspondantes.

Une entreprise pourra ainsi surveiller dans quelles zones géographiques ses flux IP sont redirigés, pour quelles raisons et ainsi s’assurer si le trafic de ses flux IP présente un risque pour la sécurité de son système d’information.

Enjeux sécurité et conformité liés à la cartographie réseau

L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) considère la cartographie du système d’information (SI) comme une brique essentielle de toute politique d’une sécurité informatique d’entreprise.

Dans son guide informatique, elle recommande explicitement de documenter l’architecture du réseau, les flux internes et externes, ainsi que les dépendances critiques.

Cette cartographie est également un prérequis dans le cadre d’une analyse de risques EBIOS, ou d’une démarche de mise en conformité avec des standards tels que ISO 27001

Comment réaliser une cartographie réseau en entreprise ?

Réaliser une cartographie réseau efficace ne nécessite pas forcément des moyens techniques lourds ou des outils sophistiqués. Pour une PME, l’essentiel est de structurer la démarche de manière méthodique et progressive, en tenant compte de la réalité terrain et des priorités de sécurité.

Cartographier ses flux IP passe tout d’abord par la réalisation d’une analyse qui permettra de restituer une parfaite visibilité de l’état de son réseau et du trafic associé.

1. Définir le périmètre à cartographier

Commencez par délimiter clairement les éléments du système d’information à inclure : réseau local, sites distants, connexions VPN, cloud, etc. Il est crucial de concentrer les efforts sur les zones critiques, donc là où transitent des données sensibles ou stratégiques.

2. Recenser les équipements et les flux

Listez l’ensemble des actifs connectés (serveurs, postes, imprimantes, bornes Wi-Fi, pare-feu…) et identifiez :

  • Les flux internes (entre services ou équipements)
  • Les flux sortants et entrants (internet, partenaires, prestataires)
  • Les protocoles utilisés, ports ouverts, types de trafic

3. Identifier les dépendances applicatives

Chaque logiciel métier, outil collaboratif ou service cloud s’insère dans un ensemble de flux parfois méconnus. Une cartographie efficace permet de visualiser les liens entre applications et infrastructures, ce qui est essentiel pour anticiper l’impact d’une panne ou d’une attaque.

4. Travailler en collaboration avec les équipes

La cartographie n’est pas une tâche purement technique. Elle doit impliquer :

  • Les équipes IT et sécurité
  • Les référents métiers, qui connaissent les flux liés à leurs outils
  • La direction, pour valider les choix de priorisation

5. Documenter avec une nomenclature claire

Utilisez une convention de nommage cohérente pour les équipements, flux et services. Cela facilite la compréhension, la maintenance et la mise à jour du schéma.

6. Mettre à jour régulièrement la cartographie

Une cartographie figée perd rapidement sa valeur. Il est recommandé de :

  • La réviser au moins tous les 6 mois
  • La mettre à jour en cas de modification du réseau, de nouvel outil ou d’incident de sécurité

Adopter une approche résiliente pour la protection de son système d’information

Suite à cet audit, il convient de mettre en place une approche cyber-résiliente qui va permettre :

  • d’augmenter la capacité à voir tout le trafic réseau
  • d’établir un contrôle positif des applications et des utilisateurs
  • de bloquer automatiquement toutes les cyber-menaces connues
  • d’établir un système automatisé de fourniture immédiate de défense dès qu’une cyber-attaque inconnue est détecté.

Une approche soutenue notamment par l’installation de pare-feux de nouvelle génération, tels ceux proposés par Palo Alto Networks, qui a révolutionné la manière d’appréhender la sécurité en classifiant nativement l’ensemble du trafic, y compris les applications, le contenu et les menaces sans dégrader les performances.

19 janvier 2026