L’amélioration du bien-être au travail ferait-elle de nous des super-employés ?

Les avancées en termes de santé et de bien-être au travail ont un effet de plus en plus marqué sur l'efficacité des employés. Nous avons observé trois phénomènes controversés : des objets connectés aux nouveaux espaces de travail en passant par les substances stimulantes.

santé et bien etre au travail

1. Les objets connectés pour surveiller la santé et les performances des employés

Les wearables ont déjà révolutionné le monde du sport et des loisirs, et il semblerait qu’ils prennent également d’assaut le monde du travail. Les employeurs les utilisent de plus en plus pour surveiller les niveaux de stress et de fatigue des collaborateurs ou encore les activités sportives pratiquées.

Une corrélation existerait entre les habitudes de sommeil, les niveaux d’anxiété ainsi que de stress hors du travail et les niveaux de concentration et de performance au travail. Après avoir attribué un bracelet connecté Fitbit à son personnel, BP North America a remis une prime aux employés ayant atteint un objectif de nombre de pas journalier. L’entreprise de distribution d’eau suédoise Kalmar Vatten est même allée plus loin : ses employés doivent effectuer deux heures d’exercice payées par semaine, sous peine de se voir retirer deux heures de salaire.

Des avantages existent tant pour les employeurs que pour les employés, mais les objections liées à l’intrusion dans la vie privée et le stress occasionné par cette surveillance étroite constituent les deux principales difficultés rencontrées sur la voie de l’adoption de ces équipements au travail.

2. Des espaces adaptés aux différentes façons de travailler

L’augmentation du niveau de stress induite par les conversations en toile de fond de ses collègues, les problèmes de dos et de cou, dus à de mauvaises postures et au temps passé en position assise sont autant d’inconvénients pour la santé, et donc aussi pour la productivité. Pour remédier à cela, l’environnement de travail du futur devra littéralement offrir des opportunités de mouvement, de modifications de l’espace afin de pouvoir s’adapter aux différentes façons de travailler.

Une nouvelle approche, plus holistique, que l’on pourrait appeler l’ergonomie active tend à être de plus en plus privilégiée. Elle s’appuie sur trois principes clés que sont l’anthropométrie (la façon dont le corps est lié à son environnement), les conditions ambiantes (l’éclairage, l’air, les sons et la température, par exemple) et le mouvement (les déplacements entre les différentes zones, l’ajustement des postures…).

Le défi que constitue l’élaboration d’un espace de travail à multiples facettes en partant d’un bâtiment existant, en favorisant la lumière naturelle, les zones de confidentialité et les zones d’interaction est actuellement relevé par les architectes d’Eriksen Skajaa, au travers de la création du concept « The Monastery ». Il s’agit d’un concept ingénieux incluant des cloisons de séparation partielles, des espaces en bouleau plaqué, des stores intérieurs afin de garder un lien avec l’espace dans son ensemble ; un concept à succès mêlant différents types d’espaces et favorisant les nouveaux modes de travail.

3. Recourir à des stimulants pour doper ses performances

Améliorer les prises de décisions, apprentissage et créativité accélérés, capacité de concentration accrue, tous ces aspects figurent parmi les souhaits des employeurs. On constate en parallèle que toutes ces qualités peuvent être renforcées à l’aide de substances et autres médicaments visant à améliorer les performances. Rien de surprenant qu’elles soient absorbées par de plus en plus d’employés.

Une étude de 2015 menée auprès de 5 000 employés d’une compagnie d’assurance a fait ressortir que 6,7 % des employés prenaient régulièrement sur le lieu de travail des produits visant à accroître les performances et à réduire l’anxiété. L’utilisation secrète de substances stimulantes est en augmentation. Elle peut potentiellement exercer une pression sur les collègues, les incitant à adopter des habitudes de travail intenables. On peut alors se demander : quelles seront les conséquences à long terme de ces conditions de travail extrêmes ?

22 juin 2017
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