Les administrations locales concentrent des données sensibles et des services qui ne peuvent pas s’arrêter : état civil, aide sociale, gestion de l’eau, paie. Cette combinaison en fait une cible rentable pour les rançongiciels. Cybermalveillance.gouv.fr classe régulièrement les collectivités parmi les publics les plus exposés. Le scénario type est connu : un rançongiciel chiffre les serveurs, l’état civil s’arrête, la paie des agents est suspendue, et la remise en service prend des semaines.
La taille n’offre aucune protection. Une commune de 3 000 habitants traite, proportionnellement, autant de données personnelles qu’une métropole — avec un agent informatique pour plusieurs services, parfois aucun. L’ANSSI le documente dans son panorama annuel de la cybermenace : les attaques visent moins les systèmes les mieux défendus que les plus accessibles. Les collectivités rurales, moins équipées, héritent de cette logique. Le coût d’une attaque dépasse rarement la seule rançon : reconstruction du système, perte des données non sauvegardées, jours d’interruption, puis une confiance des administrés à regagner. Pour une petite structure, la facture peut représenter plusieurs mois de fonctionnement.