À quelques semaines de l’échéance, la sélection d’une PA se conduit comme un projet, avec un préalable : la cartographie des fournisseurs. Identifier les 20 % de fournisseurs qui concentrent 80 % du volume de factures, puis interroger les principaux sur la plateforme qu’ils ont retenue. Cette donnée oriente le choix plus sûrement qu’un comparatif de fonctionnalités.
Vient ensuite le test grandeur nature. La plupart des PA acceptent d’ouvrir un pilote sur un périmètre restreint : quelques fournisseurs volontaires, un mois de flux réels, mesure des taux de rejet et des délais de transmission. Un pilote raté avant signature coûte quelques semaines ; après bascule, il coûte des paiements bloqués. Le calendrier laisse peu de marge : entre contractualisation, raccordement à l’ERP et mise à jour de l’annuaire, un déploiement demande couramment trois à six mois.
La gouvernance, enfin. Le sujet échoit souvent à la seule comptabilité fournisseurs, faute d’arbitrage. Or les paramètres techniques : annuaire, API, supervision des flux — relèvent de la DSI, et les paramètres financiers : délais, litiges, clôture de la DAF. Un binôme de pilotage, même léger, avec un référent par direction et un point mensuel jusqu’à la bascule, suffit à couvrir les angles morts. Le déploiement progressif de Chorus Pro à partir de 2017 avait déjà montré qu’un projet de facturation électronique ne se résume pas à un simple paramétrage comptable.
L’interopérabilité des plateformes agréées ne se lira sur aucune plaquette commerciale : elle se constatera dans les flux de facturation électronique, à partir du 1er septembre 2026. D’ici là, une question simple suffit à mesurer votre exposition au risque. Sur vos vingt premiers fournisseurs, combien savent déjà par quelle plateforme leurs factures transiteront et la vôtre sera-t-elle en mesure de traiter efficacement ces échanges ?