Imprimante multifonction : le hub du bureau hybride en 2026

imprimante multifonction bureau hybride
L'essentiel à retenir
  • Pour un DAF, l’arbitrage se déplace : moins de machines, mieux connectées, comptent plus qu’un parc rapide et surdimensionné.
  • La valeur du hub dépend moins du connecteur que de la propreté du classement documentaire en amont.
  • Relié au cloud, le copieur relève de NIS 2 et du RGPD ; le négliger revient à laisser une porte ouverte dans le SI.

Le bureau hybride a changé ce qu'on attend d'une imprimante multifonction. Le MFP imprime moins et numérise davantage. Les volumes d'impression ont baissé depuis 2020 et ne reviennent pas à leur niveau d'avant pandémie, pendant que le scan vers le cloud progresse.

Pour un responsable IT qui arbitre le renouvellement de son parc, la cadence d'impression pèse moins lourd que la qualité des connecteurs : SharePoint, OneDrive, Teams, applications métier. C'est le terrain de la gamme bizhub i-Series de Konica Minolta.

Le bureau hybride a déplacé le centre de gravité du MFP

L’usage de l’imprimante multifonction a basculé de l’impression vers la numérisation et le routage vers le cloud. Les volumes d’impression ont chuté pendant les confinements de 2020 et ne sont pas remontés. Le cabinet Quocirca, dans son étude State of the Industry 2025, relève que 73 % des acteurs du marché attendent encore une baisse des volumes d’impression, de l’ordre de 8,4 % sur l’année. Dans le même temps, 76 % anticipent une hausse des volumes de scan, autour de 8,3 %. Détail qui compte : seuls 37 % des fournisseurs monétisent aujourd’hui cette numérisation. Le scan progresse plus vite que les modèles économiques qui l’entourent.

Pour un responsable IT, la conséquence est concrète. Le critère de choix d’un parc se déplace de la vitesse d’impression vers la capacité à router un document numérisé vers la bonne destination. Un copieur qui sort 45 pages minute mais scanne mal vers SharePoint répond à un besoin de 2015, pas de 2026. Sur le terrain, cela pousse à réduire le nombre de machines et à mieux les connecter, plutôt qu’à les remplacer une pour une. Un parc de huit copieurs hérités de l’ère papier se ramène souvent à quatre machines mieux placées et reliées au cloud, pour une facture de maintenance allégée.

Reste que la bascule n’est pas totale : 18 % des organisations seulement se déclarent sans papier, selon l’étude Future of Work 2030 de Quocirca, publiée en septembre 2025. Le papier garde sa place sur les documents signés, les bons de livraison, les pièces réglementaires. Le MFP ne disparaît pas du couloir, il change de fonction. Hier une sortie d’impression, il sert aujourd’hui d’abord à faire entrer le papier dans le système d’information.

Du papier au cloud, comment le MFP est devenu une passerelle

Un MFP connecté agit comme une passerelle documentaire : il fait transiter les documents entre le poste de travail, le smartphone et le cloud de l’entreprise. Concrètement, l’utilisateur badge sur le copieur, numérise un contrat et l’envoie directement dans un dossier OneDrive, une bibliothèque SharePoint, un espace Google Drive ou Dropbox, sans repasser par le PC. Dans l’autre sens, il lance une impression depuis son téléphone ou depuis une application cloud. Un commercial en clientèle récupère ainsi un document signé en le numérisant sur le premier copieur venu, qui le dépose dans l’espace partagé de son équipe. La gamme bizhub i-Series de Konica Minolta intègre ces connecteurs en natif, avec une interface qui ressemble à celle d’une tablette.

L’étape suivante dépasse le simple classement. Les connecteurs métier relient le MFP à la GED, à l’ERP ou au CRM. Une facture fournisseur numérisée peut partir vers le circuit de validation comptable, un bon de commande vers l’outil de gestion. Quocirca note, dans son rapport Print Industry Trends 2026, que les deux tiers des responsables informatiques attendent une hausse des volumes de numérisation en 2026, à mesure que les flux papier sont digitalisés. La passerelle devient le point où le document papier rejoint le processus numérique.

En pratique, c’est plus rugueux que sur la fiche produit. Brancher un MFP sur SharePoint prend dix minutes, le câbler proprement sur un ERP avec la bonne nomenclature de dossiers et les bons droits demande beaucoup plus. Les connecteurs ne suppriment pas la dette d’intégration, ils la déplacent vers la DSI. Le gain est réel quand l’arborescence cible est déjà propre. Il est mince quand le classement documentaire est resté bordélique. Sur ce point, le retour d’expérience est constant : les projets qui calent ne calent pas sur le copieur, mais sur le ménage documentaire à faire avant. Avant de choisir un connecteur, mieux vaut ranger derrière.

Sécuriser un point d'entrée documentaire connecté

Un MFP relié au cloud élargit la surface d’attaque : chaque document qui transite est une fuite potentielle. La sécurité tient à trois leviers. L’authentification d’abord : badge, code PIN ou SSO pour qu’une numérisation parte sous une identité connue et qu’une impression confidentielle ne traîne pas sur le bac. Le chiffrement ensuite, des flux comme du stockage temporaire sur le disque de la machine. La traçabilité enfin : journaliser qui a scanné quoi, vers quelle destination, et conserver ces traces. Le disque dur d’un copieur en fin de vie qui part au recyclage sans effacement, c’est le cas d’école d’une fuite oubliée.

Ce sujet rejoint la réglementation. La directive européenne NIS 2 élargit le périmètre de la cybersécurité à environ 15 000 entités en France, contre près de 300 sous NIS 1. Sa transposition passe par la loi Résilience, dont l’examen en hémicycle est attendu en juillet 2026. En attendant, l’ANSSI a publié le 17 mars 2026 le Référentiel Cyber France (ReCyF), qui fixe vingt objectifs de sécurité, dont le chiffrement des communications et le contrôle des accès. Une PME de 80 salariés dans un secteur couvert peut relever de la catégorie « entité importante » : son parc d’impression connecté entre alors dans le périmètre à sécuriser, au même titre que le reste du système d’information. Le RGPD s’applique aussi, dès qu’un scan contient des données personnelles.

Quocirca relève, dans Print Industry Trends 2025, que 32 % des décideurs informatiques citent la protection des données comme premier frein à l’adoption du cloud d’impression. Le cabinet observe aussi un glissement, en 2026, vers une authentification fondée sur l’identité plutôt que sur de simples identifiants. Pour la direction des achats, ce volet pèse autant que le prix : un parc mal sécurisé ajoute une ligne de risque au dossier. Reste un angle mort que la technique ne couvre pas : l’habitude de laisser un document sensible sur le bac de sortie. Aucun chiffrement ne corrige ça.

La prochaine bascule est déjà amorcée. Dans le bureau hybride, l’imprimante multifonction commence à intégrer de l’IA pour classer un document numérisé, en extraire les données et l’orienter sans intervention humaine. Une facture qui se range seule dans le bon dossier comptable : voilà le scénario que les constructeurs préparent pour 2027. Reste une question pour les DSI,  jusqu’où déléguer le tri documentaire à une machine posée dans un couloir, et avec quelles garanties sur les données qui y transitent ?

FAQ - Imprimante multifonction bureau hybride
Qu'est-ce qu'une imprimante multifonction dans un bureau hybride ?

C’est un MFP relié au cloud et aux applications de l’entreprise, qui sert autant à numériser et router des documents qu’à imprimer. Dans un bureau hybride, il fait le lien entre les collaborateurs sur site, ceux à distance et les espaces de stockage partagés comme SharePoint ou OneDrive.

Comment scanner vers SharePoint depuis une imprimante multifonction ?

La plupart des MFP récents intègrent un connecteur SharePoint natif : après authentification sur l’écran, l’utilisateur choisit la bibliothèque cible et le document numérisé y est déposé directement. La configuration se fait côté administrateur, en reliant le copieur au compte Microsoft 365 et en définissant les droits d’accès aux dossiers.

Une imprimante multifonction connectée est-elle concernée par NIS 2 ?

Indirectement, oui. NIS 2 ne vise pas les copieurs en tant que tels, mais le parc d’impression connecté fait partie du système d’information à sécuriser pour les entités assujetties. Une entreprise classée entité essentielle ou importante doit donc appliquer ses obligations d’accès, de chiffrement et de journalisation à ces équipements.

Le passage au MFP cloud réduit-il les coûts d'impression ?

Pas mécaniquement. La consolidation du parc et la baisse des volumes papier font baisser le coût à la page, mais les connecteurs cloud et les licences logicielles ajoutent une ligne de dépense. Le gain dépend du volume numérisé réellement exploité et de l’arborescence documentaire en place. À mesurer au cas par cas.

Quels connecteurs cloud propose la gamme bizhub i-Series ?

Les bizhub i-Series de Konica Minolta prennent en charge les connecteurs vers OneDrive, SharePoint, Google Drive et Dropbox, ainsi que des liaisons vers des applications de GED, d’ERP et de CRM. Depuis l’interface tactile, l’utilisateur lance un scan vers ces destinations sans passer par un poste de travail.

Sources citées

  1. Quocirca, State of the Industry 2025 — https://quocirca.com/content/quocirca-state-of-the-industry-2025-study/ (volumes d’impression et de scan)
  2. Quocirca, Future of Work 2030, septembre 2025 — https://quocirca.com/content/quocirca-future-of-work-study-reveals-the-hybrid-ai-powered-productivity-focused-workplace-of-2030/ (organisations sans papier)
  3. Quocirca, Print Industry Trends 2026 — https://quocirca.com/content/print-industry-trends-2026/ (hausse de la numérisation, authentification par l’identité)
  4. Quocirca, Print Industry Trends 2025 — https://quocirca.com/content/predictions-2025/ (protection des données, premier frein à l’adoption du cloud d’impression)
  5. ANSSI, Référentiel Cyber France (ReCyF), 17 mars 2026 — https://cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite-systemes-dinformation/directives-nis-nis2-et-dispositif-saiv/directive-nis-2/ ; directive (UE) 2022/2555 (NIS 2)
  6. Banque des Territoires, transposition NIS 2 / loi Résilience (calendrier juillet 2026) — https://www.banquedesterritoires.fr/directive-nis2-la-transposition-francaise-probablement-repoussee-juillet

11 octobre 2026