Un MFP relié au cloud élargit la surface d’attaque : chaque document qui transite est une fuite potentielle. La sécurité tient à trois leviers. L’authentification d’abord : badge, code PIN ou SSO pour qu’une numérisation parte sous une identité connue et qu’une impression confidentielle ne traîne pas sur le bac. Le chiffrement ensuite, des flux comme du stockage temporaire sur le disque de la machine. La traçabilité enfin : journaliser qui a scanné quoi, vers quelle destination, et conserver ces traces. Le disque dur d’un copieur en fin de vie qui part au recyclage sans effacement, c’est le cas d’école d’une fuite oubliée.
Ce sujet rejoint la réglementation. La directive européenne NIS 2 élargit le périmètre de la cybersécurité à environ 15 000 entités en France, contre près de 300 sous NIS 1. Sa transposition passe par la loi Résilience, dont l’examen en hémicycle est attendu en juillet 2026. En attendant, l’ANSSI a publié le 17 mars 2026 le Référentiel Cyber France (ReCyF), qui fixe vingt objectifs de sécurité, dont le chiffrement des communications et le contrôle des accès. Une PME de 80 salariés dans un secteur couvert peut relever de la catégorie « entité importante » : son parc d’impression connecté entre alors dans le périmètre à sécuriser, au même titre que le reste du système d’information. Le RGPD s’applique aussi, dès qu’un scan contient des données personnelles.
Quocirca relève, dans Print Industry Trends 2025, que 32 % des décideurs informatiques citent la protection des données comme premier frein à l’adoption du cloud d’impression. Le cabinet observe aussi un glissement, en 2026, vers une authentification fondée sur l’identité plutôt que sur de simples identifiants. Pour la direction des achats, ce volet pèse autant que le prix : un parc mal sécurisé ajoute une ligne de risque au dossier. Reste un angle mort que la technique ne couvre pas : l’habitude de laisser un document sensible sur le bac de sortie. Aucun chiffrement ne corrige ça.
La prochaine bascule est déjà amorcée. Dans le bureau hybride, l’imprimante multifonction commence à intégrer de l’IA pour classer un document numérisé, en extraire les données et l’orienter sans intervention humaine. Une facture qui se range seule dans le bon dossier comptable : voilà le scénario que les constructeurs préparent pour 2027. Reste une question pour les DSI, jusqu’où déléguer le tri documentaire à une machine posée dans un couloir, et avec quelles garanties sur les données qui y transitent ?