Posté le 31/08/2016
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Economie circulaire, pourquoi est-ce un modèle d’avenir ?

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Economie circulaire

Sorti en 2014 en collaboration avec le prestigieux cabinet McKinsey, le troisième rapport sur l’économie circulaire de la Fondation Ellen Mac Arthur revient sur les nombreuses opportunités de développement pour les entreprises qui souhaiteraient opter pour un modèle d’économie circulaire.

Renault, H&M, Vodafone, McDonald’s… nombreuses sont les entreprises qui ont déjà testé et validé des processus en interne d’économie circulaire, ce qui prouve la pertinence aussi bien environnementale qu’économique de ce modèle, en le plaçant dans une optique de long terme.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

La Fondation la définit selon quatre critères majeurs :

  • L’absence de la notion de déchets : en effet, les produits sont créés et optimisés dans une optique de désassemblage et de réutilisation.
  • La différentiation de biens durables et de consommables : les consommables dans une économie circulaire sont issus d’ingrédients organiques alors que les biens durables sont issus de matières non biologiques. Cependant ils sont conçus de telle sorte qu’ils peuvent ainsi être réutilisés.
  • L’énergie apportée pour produire un bien ou service doit être renouvelable : l’énergie nécessaire pour produire les biens et/ ou services est d’origine renouvelable.
  • Le client final du produit n’est pas un consommateur mais un utilisateur : intégrés à une économie de la fonctionnalité, les produits durables ne sont plus propriété du client mais lui sont leasés, prêtés ou bien partagés.

Pourquoi ce modèle va devenir indispensable ?

Devant les défis environnementaux auxquels les acteurs économiques doivent faire face, la raréfaction des ressources naturelles et la volatilité de leur prix constituent un critère déterminant.

 

Comme le note la Fondation, « En termes de volumes, environ 65 milliards de tonnes de matières premières ont été intégrées au système économique en 2010, volume qui devrait atteindre 82 milliards de tonnes en 2020. (…) Récemment, de nombreuses entreprises ont compris que ce système linéaire augmentait leur exposition aux risques d’une augmentation des prix et de rupture d’approvisionnement »[1]. Ainsi, l a diversification des sources d’approvisionnement et la maîtrise de son gisement de matières premières par l’économie circulaire semble être un argument pertinent pour une entreprise pour répondre à ces risques.

 

Dans un deuxième temps, le modèle d’économie linéaire, qui consiste à extraire, produire et jeter- semble avoir atteint ses limites pour plusieurs raisons :

  • Dans les processus industriels actuels, les opportunités pour augmenter l’efficacité et la profitabilité existe, mais est en grande partie incrémentale et insuffisante si l’entreprise souhaite généré un fort gain de compétitivité
  • La croissance de la productivité du monde agricole est de plus en plus lente et la fertilité des sols et la valeur nutritionnelle de la nourriture va en déclinant.
  • Il apparaît de plus en plus compliquer d’associer sécurité et chaines de production durables et optimisées.
  • Les chaines d’approvisionnement qui requièrent de la matière vierge ont de plus en plus de mal à renouveler leur licence et certifications.

Face à ces constats, l’économie circulaire apparaît donc comme un modèle d’avenir.

 

Les bénéfices de l’économie circulaire au service d’une amélioration de la productivité des entreprises :

  • Le circuit court: réduire le nombre d’intermédiaires entre l’usine de fabrication et un client permet également de réduire au maximum le coût de revient du produit ou service.
  • Élargir le cercle de l’économie circulaire et de la fonctionnalité : augmenter la durée de vie d’un produit pour éviter la production d’un nouveau, et finalement en augmenter le prix.
  • Démultiplier l’usage d’un produit au service d’une économie de la fonctionnalité : augmenter le nombre d’utilisation qu’il est possible de faire d’un produit en maximise ainsi les recettes.
  • L’efficacité des processus de production dépollués : travailler sur un produit qui ne présente pas de risques de pollutions ou de conformité réglementaire permet ainsi de limiter les coûts liés au contrôle de ces risques (veille réglementaire, investissement dans des infrastructures adaptées…).

 

Ainsi, l’économie circulaire apparaît comme un modèle alternatif crédible pour les entreprises. Tout d’abord puisqu’il permet de répondre à la pression existante de plus en plus forte sur les ressources naturelles, mais aussi aux limites du modèle d’économie linéaire. Enfin, il peut aussi être un fort levier de compétitivité pour le secteur privé lui permettant ainsi de diversifier son business model vers une économie de l’usage, autrement appelée économie de la fonctionnalité.

[1] Ellen MacArthur Foundation «Toward the Circular Economy, Accelerating the scale-up across supply-chains », August 2013, p.12

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