La souveraineté joue désormais en faveur des établissements qui s’en saisissent tôt. Depuis 2021, la doctrine « Cloud au centre » fait du cloud de confiance le réflexe par défaut de l’État pour ses projets sensibles. Le marché a suivi : en 2025, les fournisseurs européens ont capté 70 % de la commande publique sur le « Nuage public », selon numerique.gouv.fr. Le gouvernement a annoncé la migration de la Plateforme des données de santé vers un cloud de confiance d’ici 2027.
Côté offre, des hébergeurs cumulent certification HDS et qualification SecNumCloud, comme OVHcloud ou Outscale ; Scaleway, certifié HDS, est engagé depuis 2025 dans la qualification SecNumCloud. Ces acteurs hébergent en France, sous droit européen.
La confiance, elle, devient un argument. Dans un secteur où 70 % des acheteurs placent la sécurité en premier critère, un hébergement souverain rassure le patient autant que le régulateur.
Une limite demeure. Même hébergées en Europe, beaucoup d’applications reposent sur des briques logicielles étrangères. Le bilan de la DINUM, publié fin 2025, le pointe sans détour : la souveraineté de l’hébergement ne fait pas la souveraineté complète.
Le calendrier, lui, est connu. Au 16 mai 2026, seuls les hébergeurs conformes au référentiel HDS version 2 pourront encore stocker des données de santé. En 2027, la Plateforme des données de santé doit avoir basculé sur un cloud de confiance. Pour un DSI, l’arbitrage se déplace vers la cartographie des données : laquelle, à quel niveau de sensibilité, chez quel hébergeur. Le reste suivra cette grille.