Attaques APT – Advanced Persistent Threat (Menace Persistante Avancée) : comment se protéger des menaces et attaques ?

menace persistante avancée

APT, c’est le sigle qui sert à nommer la menace informatique la plus sournoise pour vos données : l’Advanced Persistent Threat ou en français Menace Persistante Avancée.

Sa philosophie : créer une brèche très difficilement identifiable dans votre système d’information pour exfiltrer vos données de la manière la plus invisible possible.

Qu'est-ce qu'une APT ?

APT = Advanced Persistent Threat
En français = Menace Persistante Avancée

Contrairement aux attaques traditionnelles, les APT sont des menaces sophistiquées et ciblées, souvent invisibles, qui visent à infiltrer un réseau pendant des périodes prolongées.

Une APT est une forme d’attaque où les cybercriminels prennent le temps de s’infiltrer lentement dans les systèmes d’une organisation, en utilisant des techniques avancées pour contourner les défenses. Leur objectif n’est pas simplement de causer des dommages immédiats, mais d’espionner, d’exfiltrer des données sensibles, voire de manipuler des systèmes vitaux, tout en restant discrets.

L’arrivée d’une APT peut entraîner des conséquences dramatiques :

  • vol de propriété intellectuelle
  • fuite de données personnelles
  • perte de confiance des clients
  • impacts financiers considérables

Face à cette menace complexe, il est impératif pour les entreprises de disposer de solutions capables de détecter ces attaques avant qu’elles n’affectent l’ensemble de l’organisation.

Quelle différence avec d’autres attaques informatiques ?

Une menace persistante avancée (APT) n’est pas une menace unique mais plutôt une combinaison de plusieurs types de logiciels malveillants. Elles s’appuient sur différentes techniques sophistiquées pour exploiter des vulnérabilités dans les systèmes. Leur principale caractéristique : elles sont difficiles à détecter.

Les vecteurs d’attaques pour exploiter les failles d’un système sont multiples, tels que :

  • le facteur humain avec les logiciels malveillants d’ingénierie sociale,
  • un accès Internet distant ouvert,
  • un extranet avec l’interception d’un email en transit.

 

Pour vous donner un exemple de l’ampleur de ce type d’attaque :

Stuxnet”, le premier virus de ce type, avait fait couler beaucoup d’encre en 2010 ; il s’en est pris au programme nucléaire iranien en ciblant les systèmes SCADA de Siemens en vue de détruire des installations et causer des dégâts mécaniques.

« Les menaces persistantes avancées ont la particularité de rester le plus longtemps furtives et d’avoir l’empreinte la plus faible sous les radars. Il peut se passer plusieurs années avant que l’attaque ne se produise. Dans la majorité des cas, elles visent le vol d’informations sensibles à des fins d’espionnage industriel ou d’intérêts concurrentiels, plus que la paralysie à proprement parlé du système d’information », explique Christophe Amiable, consultant en sécurité informatique de la division IT Services de Konica Minolta.

Quelles sont les entreprises concernées ?

Tout type d’entreprise peut craindre une APT, même les PME, dès lors qu’elles détiennent des informations sensibles stockées sur leur réseau informatique. C’est la propriété intellectuelle qui est ciblée par les APT.

La collecte de données sensibles massives vient alimenter des dictionnaires ou des banques d’informations revendus au marché noir ou à des concurrents. Moins fréquemment, ces APT / menaces persistantes avancées peuvent causer des dommages directs et paralyser le fonctionnement de l’entreprise.

« A l’origine, les menaces persistantes avancées visaient les autorités gouvernementales, les grands groupes industriels et ceux de l’énergie, de l’aéronautique… Aujourd’hui toutes les entreprises détenant des informations sensibles (brevets, dessins d’inventions ou d’innovations, etc.) sont concernées. Les maillons faibles sont les premiers ciblés, cela peut être les sous-traitants de grands comptes ou bien des employés n’ayant pas d’informations de valeur sur leur ordinateur mais accédant au même réseau que ceux en contenant » souligne Christophe Amiable.

Des entreprises françaises de plus en plus touchées

La cybercriminalité a coûté plus de 100 milliards d’euros aux entreprises françaises en 2024* . Fraudes aux présidents, cryptolockers, ransomwares, hameçonnage, espionnage industriel…

Schéma statistiques des coûts des cyberattaque en France (source : Statista)

Les entreprises françaises sont confrontées à une fréquence alarmante d’incidents de cybersécurité. Selon une étude de Fastly publiée en novembre 2024, les entreprises françaises subissent en moyenne 44 incidents de cybersécurité par an, soit près d’un par semaine** . Cette tendance souligne l’ampleur croissante des menaces auxquelles elles sont exposées.

Plus récemment, la France a été l’une des principales cibles du ransomware “Locky”. Face à l’ampleur du phénomène, la protection des données sensibles (brevets, plans stratégiques) des entreprises est devenue un enjeu majeur, notamment pour faire face au cyber-espionnage.

« Les entreprises françaises doivent plus que jamais anticiper les cyber-menaces plutôt que de réagir une fois que l’attaque a eu lieu. Dans le cas des menaces persistantes avancées, la surveillance du réseau est essentielle pour déceler les signaux faibles, utilisés par les hackers pour pénétrer dans le système.

La mise à jour des systèmes en continu est aussi indispensable pour se prémunir des failles et ne pas laisser de porte ouverte aux hackers. Une analyse régulière des journaux d’événements du pare-feu permet également de repérer une éventuelle fuite de données.

Il ne faut pas non plus minimiser le facteur humain qui est ici décisif. Très souvent, les APT ont recours à l’ingénierie sociale avec par exemple l’envoi d’email contenant une pièce jointe piégée », conclut Christophe Amiable.

Comment les APT sont menées par les attaquants ?

1. Exploitation des vulnérabilités initiales

Comme toute attaque informatique, cela débute avec une faille, aussi légère soit-elle, dans les systèmes de l’entreprise. Ces brèches peuvent être des erreurs humaines, des logiciels dépassés, ou des mauvaises configurations du réseau.

L’une des manières les plus fréquentes d’exploiter ces vulnérabilités est spear phishing, une escroquerie par courriel ciblée dans laquelle le pirate se fait passer pour un contact que la victime connaît (par exemple, un collaborateur ou un fournisseur).

En envoyant des emails contenant des liens malveillants ou des fichiers infectés, l’assaillant réussit à pénétrer dans le système de l’entreprise.

2. Infiltration et contrôle progressif

Une fois l’accès initial obtenu, les attaquants passent à l’infiltration progressive du réseau.

À ce stade, ils peuvent installer des malwares sophistiqués (comme des chevaux de Troie ou des rootkits) qui permettent de maintenir un contrôle permanent tout en restant cachés. L’attaquant prend soin de ne pas déclencher d’alertes sur les systèmes de sécurité pour éviter toute détection prématurée. En parallèle, il peut s’assurer de la persistance de son accès, en établissant des canaux de communication discrets pour maintenir son contrôle sur le réseau.

Dans le même temps, il pourra s’assurer de revenir plus tard, en établissant des connexions de communications.

3. Mouvements latéraux

Une fois l’attaque en place, l’attaquant va effectuer des mouvements latéraux dans le réseau, c’est-à-dire qu’il va se déplacer d’une machine à une autre pour étendre son accès. L’objectif est d’identifier des systèmes plus sensibles ou des bases de données contenant des informations confidentielles. Cela se fait généralement en utilisant des comptes utilisateurs/accès volées, permettant de se connecter à différents systèmes sans éveiller de soupçons.

4. Exfiltration des données

L’étape finale d’une attaque APT est généralement la fuite de données sensibles. Une fois que l’attaquant a rassemblé assez d’informations (qu’il s’agisse de données clients, d’informations financières ou stratégiques), il va les exfiltrer vers des serveurs distants pour les exploiter à des fins malveillantes. Cela peut prendre des mois pendant lesquels il n’exfiltre que de petites quantités de données pour ne pas être repéré.

Comment protéger son entreprise contre une APT ?

Les APT (Advanced Persistent Threats) constituent une menace sérieuse pour toutes les entreprises, TPE, PME, Grands groupes ou ETI.

Pour s’en protéger, il est crucial de mettre en place une série de mesures préventives combinées à des solutions de cybersécurité avancées :

1. Mise à jour régulière des logiciels

L’une des premières étapes pour prévenir une APT consiste à maintenir les logiciels à jour. Les cybercriminels exploitent souvent les vulnérabilités des systèmes obsolètes ou non corrigés pour pénétrer un réseau. En mettant régulièrement à jour les systèmes d’exploitation, les applications et les logiciels de sécurité, vous réduisez les risques d’exploiter des failles déjà identifiées. Assurez-vous que tous les patchs de sécurité sont appliqués dès leur publication.

2. Segmentation du réseau

La segmentation du réseau permet de limiter la portée des attaques potentielles. En compartimentant les données sensibles et les systèmes critiques dans des segments distincts, vous empêchez un attaquant de se déplacer librement dans l’ensemble du réseau en cas de compromission d’un segment. Cela crée des obstacles supplémentaires à l’infiltration et à l’exfiltration des données.

3. Formation du personnel

La formation continue des employés est essentielle dans la prévention des APT. Une grande partie des attaques APT commence par des emails de spear phishing, et un personnel mal informé peut facilement être dupé. Sensibiliser vos collaborateurs aux bonnes pratiques de cybersécurité, telles que ne jamais ouvrir des pièces jointes suspectes ou cliquer sur des liens douteux, réduit significativement les risques d’intrusion.

4. Solutions de cybersécurité avancées

Au-delà des bonnes pratiques, des solutions de cybersécurité spécifiques doivent être mises en place pour détecter et prévenir les attaques APT. Parmi les outils essentiels figurent :

  • Détection des menaces : Des systèmes capables de détecter les activités suspectes sur votre réseau en temps réel.
  • Surveillance en temps réel : L’utilisation de systèmes de surveillance continue permettant d’identifier les comportements anormaux et de signaler immédiatement les risques.
  • Analyse comportementale : Cette technologie permet de détecter des anomalies dans le comportement des utilisateurs et des appareils, ce qui peut indiquer une compromission.

Chez Konica Minolta, nous proposons une solution de cybersécurité complète adaptée aux besoins des entreprises. Nos systèmes de détection avancée et de surveillance en temps réel permettent de repérer rapidement toute activité suspecte et d’intervenir avant qu’une APT ne compromette vos données.

Konica Minolta est titulaire du label « ExpertCyber », « destiné à valoriser les professionnels en sécurité numérique ayant démontré un niveau d’expertise technique et de transparence dans les domaines de l’assistance et de l’accompagnement de leurs clients ».

Ce label est développé par Cybermalveillance.gouv.fr, en partenariat avec les principaux syndicats professionnels du secteur du numérique (Fédération EBEN, CINOV Numérique, Syntec Numérique), France Assurances et le soutien de l’AFNOR.

L’obtention de ce label assoit la position de Konica Minolta Business Solutions France dans le domaine des services IT aux entreprises, et plus particulièrement en matière de cyber sécurité.

Label "Expert Cyber" de sécurité informatique. République Française.

5/ Plan de continuité d’activité (PCA)

Un Plan de Continuité d’Activité (PCA) est un ensemble de procédures et de mesures permettant à une entreprise de maintenir ou de reprendre rapidement ses activités essentielles après un incident majeur.

Il a pour objectif de limiter les effets des perturbations sur l’entreprise, ses clients, ses partenaires, tout en protégeant les informations traitées.

Il comporte en général : la phase de préparation associée aux analyses des risques et à la sélection des mesures de sauvegarde ou de reprise à mettre en œuvre, des principes et des procédures qui définissent la conduite à tenir en cas de crise et les méthodes permettant de vérifier qu’un tel plan est applicable.

-> En savoir plus le Plan de Continuité d’Activité PCA

Vol de données, de nouvelles obligations avec le RGPD

La réglementation européenne de protection des données (RGPD) impose des obligations strictes aux entreprises concernant la gestion des données personnelles, notamment en cas de vol ou de fuite de données.

Ce cadre légal, entré en vigueur en mai 2018, demeure essentiel dans le cadre des attaques APT, où l’exfiltration de données sensibles est souvent l’un des objectifs des cybercriminels.

Le RGPD contraint les entreprises à s’assurer que leurs données soient à tout moment et en tous lieux, sécurisées contre les risques de perte, de vol, de divulgation ou contre toute autre compromission. Ce qui suppose qu’une entreprise doit à tout moment savoir de quelles données elle dispose, leur localisation, l’objectif de leur collecte et leur mode de gestion, stockage, sécurisation, transfert et effacement.

 

Sources :
*Étude cybersécurité Statista de 2024

**Fastly – GLOBAL SECURITY RESEARCH REPORT

15 janvier 2026
Les questions fréquentes des PME sur les attaques APT
Comment savoir si mon entreprise a été victime d'une APT ?

Détecter une attaque APT peut être fastidieux car ces menaces sont discrètes et durent longtemps.
Cependant, plusieurs signes peuvent indiquer qu’une APT a frappé votre entreprise :

  • des comportements anormaux sur le réseau (comme des connexions inhabituelles)
  • des accès non autorisés à des systèmes sensibles,
  • l’installation de logiciels sans autorisation
  • des fuites de données ou des alertes de vos outils de sécurité.

Si vous remarquez l’un de ces symptômes, il est crucial d’effectuer une analyse approfondie de vos systèmes pour identifier l’attaque et y répondre rapidement.

Comment former mes employés pour prévenir les attaques de type APT ?

Former vos employés à la cybersécurité est essentiel pour prévenir les attaques APT. Voici quelques actions nécessaires à mettre en place :

  • Sensibilisation au phishing : Organisez des sessions de formation régulières pour enseigner à vos collaborateurs à reconnaître les emails suspects, les liens malveillants et les pièces jointes dangereuses, qui sont souvent à l’origine des attaques APT.
  • Formation à l’utilisation sécurisée des mots de passe : Encouragez l’utilisation de mots de passe forts et uniques pour chaque application et mettez en place une politique de changement de mots de passe régulière. Le recours à l’authentification à deux facteurs (2FA) est également un excellent moyen de renforcer la sécurité.
  • Meilleures pratiques en matière de gestion des accès : Formez vos équipes à limiter l’accès aux informations sensibles aux seules personnes autorisées et à utiliser des outils de gestion des identifiants et des droits d’accès de manière rigoureuse.
  • Simulations d’attaques et exercices de crise : Organisez des exercices de simulation d’attaques (comme des tests de phishing) pour vérifier la vigilance des employés et leur capacité à réagir rapidement face à des incidents.
  • Culture de la cybersécurité : Encouragez une culture d’entreprise où la cybersécurité est une priorité. Assurez-vous que les employés sachent qu’ils doivent signaler immédiatement toute activité suspecte à l’équipe informatique.

 

En formant régulièrement vos employés à ces bonnes pratiques, vous renforcerez la première ligne de défense contre les attaques informatiques et contribuerez à la protection de votre entreprise

Combien de temps faut-il pour détecter une attaque APT et y répondre efficacement ?

La détection et la réponse à une attaque APT peuvent prendre du temps, car ces attaques sont conçues pour être discrètes et persistantes.
En moyenne, il faudrait 11 mois pour détecter et contenir une faille APT (IBM : Cost of a Data Breach Report 2025). Ce délai est dû à la lente infiltration des attaquants et à leur capacité à rester sous le radar pendant une longue période.

Une fois détectée, la réponse rapide est cruciale pour limiter les dommages. Les entreprises qui disposent d’une surveillance continue, de solutions de détection avancées et d’une équipe formée à la gestion des incidents peuvent réduire ce délai de réponse, parfois à quelques heures.
Cependant, pour une gestion optimale, il est essentiel de mettre en place des systèmes de détection des anomalies en temps réel et d’avoir un plan de réponse à incident bien défini pour intervenir dès les premiers signes d’attaque.

-> Chez Konica Minolta, par exemple, nous proposons une offre d’infogérance complète appelée Serein’IT, qui assure la gestion proactive, la supervision 24/7, la maintenance et la sécurité de votre infrastructure.